Le trépied

On affirme bien souvent, avec pertinence, qu’il faut savoir ce qu’on veut. On explique de maintes manières comment obtenir ce qu’on veut en insistant généralement sur l’autosuggestion et sur la loi d’attraction. Mais ces explications sont aussi diverses que les approches de ceux qui les livrent. D’autre part elles s’étalent sur une large bande spectrale qui va du matérialisme le plus avéré à la spiritualité la plus éthérée. Je vous propose dans cet article une vision synthétique de cet aspect avec un outil pratique.

Un peu d’organisation

Notre expérience quotidienne nous apprend que nous vivons dans un monde matériel au travers de notre corps. On peut aussi aisément constater que ce corps est animé, qu’il est vivant, ainsi que tout ce qui l’entoure. Un flux d’énergie traverse la matière et lui confère la possibilité de s’animer. On peut aussi voir que tout ceci se déroule dans une dimension un peu étrange que l’on appelle le temps, et on pourrait même suggérer que le temps est justement créé par cette animation. On peut enfin dans une vision plus globale se rendre compte que tout cela semble merveilleusement bien organisé et orchestré !

Le but n’est pas de philosopher à partir de ces concepts ou de les étirer dans tous les sens pour les analyser, mais juste se rendre compte que notre expérience peut se diviser en plusieurs catégories pour nous aider à comprendre ce que nous vivons et par là nous offrir des directions de pensée et des leviers d’action.

Récapitulons :

  • Energie
  • Espace
  • Temps

Voilà notre trépied dans sa version la plus épurée…

Les trois composantes

L’énergie

J’ai dit plus haut que l’énergie est une expérience évidente et quotidienne. Nous savons très bien sentir l’énergie qui nous anime, ses hauts et ses bas, ses règles de circulation… Il existe des techniques très sophistiquées qui ont pour objectif de réguler notre énergie, comme par exemple l’acupuncture. Mais nous allons surtout nous intéresser dans cet article à la forme psychologique de l’énergie, autrement dit nos émotions.

Notre rapport au monde (et aussi à nous-même) suscite des réactions variées et qui s’étendent sur une riche gamme qui va des émotions désagréables aux émotions agréables. D’autre part une autre caractéristique importante est l’intensité de nos émotions, de la simple réaction épidermique jusqu’aux profonds séismes intérieurs.

On décline classiquement les émotions selon leur teinte : joie, tristesse, colère, peur, dégoût, haine, impatiences, rage… On a donc ici le clavier de notre gestion réactive énergétique. L’émotion prouve et démontre qu’on est vivant, que ce soit de terreur ou d’extase ou de toutes les déclinaisons intermédiaires ou parallèles.

Mais l’énergie ne trouve pas uniquement sa place dans nos réactions. Elle se situe aussi dans notre dynamique. On a des envies, des besoins, de désirs, des états de contentement ou d’insatisfaction. Cette dynamique intérieure ne semble pas être directement couplée sur les événements extérieurs.

Sans rentrer dans les détails on se rend compte que cette dimension de notre vie est fondamentale et que toute action ou stratégie de notre part qui ne la ferait pas participer de manière active et efficace serait vouée à l’échec.

L’espace

Notre appréhension de l’espace nous est livrée essentiellement par notre corps et certains de nos sens. Notre expérience sensorielle s’étend premièrement dans une dimension spatiale. Lorsque je regarde il y a le proche et le lointain, une étendue. De même lorsque j’utilise le toucher je peux explorer des dimensions.

La vision est certainement notre sens le plus utilisé, on ouvre les yeux le matin et on les referme le soir, entre temps on se contente de cligner pour un peu lubrifier nos précieux outils. Le fait d’avoir les yeux ouverts et de regarder constitue un pilier de notre façon d’être conscient. D’ailleurs les personnes privées de cette faculté fonctionnent différemment.

Un avantage indéniable de la vision est qu’elle peut s’inverser avec ce qu’on peut appeler le regard intérieur. On peut voir les yeux fermés ! Ce que l’on voit alors ce n’est plus la réalité qui nous environne mais celle qu’on se crée, avec plus ou moins de netteté et de précision selon notre capacité à le faire.

On peut ainsi se créer une image intérieure de ce que l’on veut, sans aucune limite. Cette faculté est cruciale et fort mal utilisée en général. On peut avoir l’impression qu’il est juste anecdotique de se livrer à une telle opération, mais en fait c’est un pilier de notre créativité. Les artistes et les sportifs par exemple le savent très bien.

Sans rentrer non plus là dans les détails on se rend compte que cette dimension de notre vie est aussi fondamentale que la précédente et donc à prendre systématiquement en compte pour toute action ou stratégie de notre part au risque de ne pas arriver à nos fins.

Le temps

Le temps est une dimension bien moins évidente que les deux précédentes. On peut se le représenter comme le résultat de la mise en oeuvre de notre énergie (donc du mouvement) dans l’espace. A la limite on pourrait démontrer que c’est cela qui crée le temps mais ne nous lançons pas dans une telle aventure intellectuelle qui nous éloignerait de notre pragmatisme de principe !

Certains de nos sens se déploient dans le temps, par exemple l’ouïe. Lorsque vous écoutez un chant il y a un début, un milieu, une fin. Autant une image est instantanée, autant une musique ne l’est pas. On pourrait dire de façon un peu poétique que l’on écoute le temps !

Essentiellement le temps est le royaume du langage. Le discours se déroule dans la durée, se déploie peu à peu. De la même manière notre pensée est un discours interne et relève donc de cette dimension. Notre pensée nous distingue d’autre éléments du vivant et nous en sommes souvent très fiers. Mais on le serait sans doute un peu moins si on se rendait compte de quelle piètre façon nous nous en servons le plus souvent…

Toujours est-il que nous avons là encore une composante essentielle de nos capacités qu’il faut utiliser avec pertinence pour atteindre nos objectifs.

Ce que je veux

Est-ce que vous savez ce que vous voulez ? Lorsqu’on pose cette question la majorité des gens soit :

  • ne savent pas ce qu’elles veulent
  • savent surtout ce qu’elles ne veulent pas

Je pense rédiger un article complet sur le sujet parce qu’il le mérite. Dans le cadre du présent article je vais me contenter de préciser les caractéristiques principales. D’abord une évidence : notre cerveau ne connaît pas la négative ou l’absence. Vous ne pouvez pas ne pas penser à une chose et si je vous demande par exemple de ne pas penser à la lune vous allez immédiatement la visualiser et ensuite vous allez essayer de la chasser pour faire ce que je vous demande mais le mal est déjà fait !

Autrement dit quand on veut se débarrasser de certaines pensée la plus mauvaise idée est… d’y penser ! Si vous avez des soucis financiers ce n’est pas en les faisant tourner en rond dans votre tête que vous aller d’une part supprimer ces pensées, d’autre part régler concrètement ces soucis. Alors que faire ? Tout simplement remplacer ces pensées par leur opposé ! Dans ce cas précis pensez que vous avez suffisamment d’argent et vous allez déjà vous sentir bien mieux en assainissant un peu votre cerveau. D’autre part vous allez mettre ainsi en oeuvre un processus très puissant de transformation de votre réalité.

Pour le second point, si vous ne savez pas ce que vous voulez il est évident que vous ne l’obtiendrez pas ! Par contre ce que vous allez obtenir c’est ce que les autres veulent de vous et pour vous. L’outil que je vous propose dans le présent article part du principe que vous avez un objectif, une ligne directrice… ou du moins un problème ou un souci et que vous allez vous focaliser sur sa solution.

Donc pour profiter pleinement du trépied et de ce que je vais vous raconter plus bas il faut que vous ayez un but précis, quelque chose que vous voulez atteindre. Si ce n’est pas le cas commencez donc par cela. Vous pouvez vous fonder sur quelque chose que vous voulez changer dans votre vie parce que ça ne vous convient pas, alors représentez-vous ce que vous voulez à la place, et voilà vous avez maintenant un objectif !

Le trépied

Voyons maintenant l’outil que je vous propose à partir de ces considérations préliminaires. D’abord un constat : on va utiliser les trois composantes vues ci-dessus pour éviter de rater bêtement de riches possibilités ou, même pire, laisser une partie de nous-même saboter nos constructions.

Vous avez déjà essayé de faire tenir d’aplomb une table avec un seul pied ? On appelle cela un guéridon et, même avec un pied très large ce n’est pas vraiment stable ! De la même manière une table avec deux pieds est vouée à la chute. Il faut arriver à 3 pieds pour commencer à obtenir une stabilité convenable. De la même manière notre outil repose sur trois pieds :

  • désir (aspect énergie)
  • visualisation (aspect espace)
  • pensée (aspect temps)

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Si vous omettez l’un des trois vous n’obtiendrez pas un bon résultat. Avec deux vous n’irez pas non plus bien loin. Par contre avec les trois le résultat est pratiquement garanti !

Malheureusement souvent on trouve des pratiques dissociées. Par exemple dans la méthode Coué on trouve 3 pratiques (références ici) :

  • l’autosuggestion par le corps (les désirs)
  • l’autosuggestion par l’image (la visualisation)
  • l’autosuggestion par les mots (la pensée)

On retrouve donc bien les trois domaines évoqués plus haut mais utilisés séparément !

Ce que je vous propose avec le trépied c’est d’utiliser simultanément ces trois possibilités. Il y a toutefois un ordre logique…

La pensée

La pensée intervient en premier parce qu’on a besoin de formuler l’objectif, de le dérouler de façon temporelle pour en juger la pertinence. On a besoin de s’expliquer pourquoi et en quoi ce but est adapté,  judicieux ou important. On a besoin de la pensée également pour élaborer l’ensemble du processus qu’on va mettre en place.

Donc notre discours interne est à la fois le chef d’orchestre du trio et un instrumentiste. En ce sens il est délicat à utiliser parce qu’il peut se croire le maître des lieux et ne pas laisser d’espace aux deux autres !

Il est important de bien formuler ce que l’on veut, de façon simple, concise, positive et concrète. On dit souvent que l’on devient ce qu’on pense ! La répétition aussi est importante.

Vous devenez ce que vous pensez le plus souvent

La visualisation

La visualisation (que l’on qualifie fréquemment de créatrice) arrive ensuite. Elle est simple dans le principe qui consiste juste à se représenter mentalement des images, autrement dit ce que vous faites déjà très fréquemment. Mais au lieu d’une activité mentale aléatoire la visualisation implique un contrôle des images générées.

Quelles images ? Tout simplement le résultat de ce que vous voulez, comme si cela était déjà réalisé. Les images peuvent être fixes ou s’animer en petit cinéma intérieur, tout dépend de l’objectif. D’autre part pour que ça fonctionne bien il est souhaitable que vous soyez présent dans les images.

Plus l’image sera précise et détaillée et plus ce sera efficace. Il faut également répéter cette visualisation plusieurs fois par jour.

Mais vous n’êtes pas obligé de garder l’image dans votre tête, il peut s’avérer très efficace de la dessiner ou de la peindre (ou de découper des photos et faire des collages si vous n’êtes pas trop doué) ! Cela permet, si vous la placez dans un endroit qui tombe souvent sous votre regard, de l’activer régulièrement.

Un autre aspect fondamental est que vous croyiez fermement et totalement à ce que vous voyez mais ceci nous entraîne dans le troisième pilier…

Vous devenez ce que vous visualisez le plus souvent

Les désirs

Vos pensées et vos images n’auront aucune consistance si elles ne sont pas nourries et soutenues par vos désirs, vos croyances, votre volonté…

Tout part de votre corps qui doit être détendu et disponible. Votre respiration lente et tranquille. Sur votre visage doit s’épanouir un grand sourire. Et à partir de cette base laissez émerger votre envie, votre désir, sentez s’élever en vous l’énergie qui va investir vos pensées et vos images pour leur conférer la vie, la puissance nécessaire à leur réalisation.

Vous devez croire absolument, totalement, en votre réussite, c’est la clé du succès !

Vous devez vivre totalement ce que vous vous dites et ce que vous voyez, comme si c’était déjà réalisé et que cela vous remplisse de joie, vous transporte, parce que c’est quelque chose que vous voulez avec ferveur.

Vous devenez ce que vous désirez le plus souvent

itinéraire du désir

Pour terminer ce sujet je voudrais évoquer l’origine du vouloir. Qu’est-ce qui fait qu’on désire telle chose et non pas telle autre ? Généralement, lorsqu’on écoute ce que racontent la plupart des gens, on repère facilement les manques, les frustrations, les lacunes. Les plaintes sont malheureusement bien plus fréquentes que les réjouissances pour une vie riche et pleine.

On sait que le fait de ressasser des pensées moroses les entretient et, par voie de conséquence, perpétue la nature et la réalité de ce qui est vécu. De la même façon qu’on se douche tous les jours (du moins lorsqu’on a une bonne hygiène corporelle), on devrait faire du nettoyage dans ses pensées et ne pas tolérer la moindre négativité.

Mais il ne suffit pas d’évacuer une pensée négative ou nocive pour être débarrassé des soucis qui l’accompagnent ! Il faut remplacer cette pensée par une autre qui va orienter les actions et les événements dans une direction plus épanouissante. En général on conseille de faire une liste sur une feuille de papier avec à gauche ce qui nous perturbe et à droite ce qui nous réjouit (on peut aussi le formuler en ce qu’on ne veut pas ou plus et ce qu’on veut). Il est alors judicieux de voir s’il y a des corrélations entre les deux colonnes et de compléter la colonne de droite avec quelque chose qui vient remplacer avantageusement chaque élément de celle de gauche.

C’est une façon de faire le point, un état des lieux de notre activité mentale et par la même de notre direction existentielle. Mais à l’usage on se rend compte qu’il y a beaucoup de réactivité dans ce processus et qu’il s’établit parfois une espèce de balancement plutôt perturbant à terme. Alors comment faire ?

La vie nous apporte tout ce dont nous avons besoin pour avancer.

Mais nous ne le voyons pas, nous ne remarquons pas ses nombreuses sollicitations et nous prenons un chemin qui ne nous correspond pas vraiment. Logiquement nous sommes mal à l’aise, perturbés, parfois malades. Il est alors très pertinent d’écouter cette voix qui inlassablement nous indique le bon chemin. Il faut pour l’entendre faire taire le chahut de nos autres voix, celles qui réclament bruyamment qu’on les écoute !

On a en permanence une infinité de possibilités, de directions possibles, mais nos conditionnements, nos habitudes, nos peurs, réduisent ce champ de possibilités en quelques opportunités ténues et pas vraiment satisfaisantes. Le choix du « bon » chemin réclame souvent du courage parce que ça nous sort du sillon qu’on a tracé pendant si longtemps ! Et comment savoir que c’est le bon ?

Je ne fais là qu’effleurer cette question fondamentale mais je me devais de le faire dans un article ou je vous propose un outil pour réaliser vos désirs. Je vous demande juste de faire en sorte que ce que vous désirez vous ouvre une route en accord avec votre être fondamental ! Je pense que je reviendrai sur ce point lors d’un prochain article.

One thought on “Le trépied

  1. Super article! Dans les méthodes d’atteinte d’un objectif on retrouve plus souvent la « pensée » seule, avoir un plan d’actions bien construit (quoi, comment, quand…) et formalisé (sur un beau tableur!) est celui que j’affectionne plus particuliairement. Je vais aller construire les deux autres « pieds » 😉
    Hâte de découvrir l’article plus complet sur « est-ce que vous savez ce que vous voulez? ».
    Bises

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